La Longue Marche de Mao (1934 – 1935) / 长征

Publié le par Marc-Antoine

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Episode dramatique entre tous dans l’ascension politique de Mao Zedong, la Longue Marche figure aussi parmi les grands exploits militaires !


Pour échapper aux troupes de Chiang Kaishek, les troupes communistes d’Octobre 1934 à Octobre 1935 parcourent plusieurs milliers de kilomètres du sud ouest au nord est de la Chine, du Jiangxi au Shaanxi et se regroupèrent dans le nord de cette région, en vue des combats futurs.

 

Dans l’histoire de la Chine contemporaine, la Longue Marche apparaît, à juste titre, comme une grandiose épopée et ses épisodes font aujourd’hui le sujet de mille récits et représentations graphiques populaire dont elle à inspiré Mao Zedong lui-même.

 

A vrai dire, des déplacements de cette ampleur (12 000 kms) et de cette durée (1 an) ne furent pas rares dans le passé et jusqu’à l’époque moderne. En effet, moins de 100 ans plus tôt, l’aventure des Taiping avant conduit Shih Dakai (石達開) « Seigneur des Cinq Mille Ans » , l’un des généraux du Roi Céleste jusque Sichuan sur l’itinéraire que suivront les Communistes Chinois.

 

En 1927 et 1928, lors de L’Expédition du Nord, plusieurs armées traverseront le continent ou presque. Certaines armées Nationalistes lancées à la poursuite des Communistes (la 2ème armée de route du général Xue Yue) feront autant de chemin qu’eux.

 

Le mérite de la Longue Marche est en particulier celui de Mao Zedong et de Zhu De (朱德), fut moins de marcher que de survivre, cette survie étant due à leurs talents politiques et militaires, mais aussi au courage et à la discipline d’une armée que la désintégration guettait à chaque instant.

 

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La Longue Marche sera le fait de trois corps entièrement distincts par la composition, le commandement, la zone de départ, l’itinéraire et le calendrier des déplacements :

 

Zhu De (朱德) venu du Jiangxi

He Long (贺龙) parti de la frontière du Hunan, Guizhou, Hubei et Sichuan

Zhang Guotao (張國燾) aux limites nord est di Sichuan

 

L’armée de Zhu De (朱德) (la 1ere armée de front) à pour commandant en second Peng Dehuai (彭 德怀  ) , pour chef d’état major Ye Jianying (叶剑英) et pour chef du bureau des opérations Liu Pocheng.

 

Elle comprend les 1er, 3ème, 5ème, 8ème et 19ème groupes d’armées ainsi qu’une division d’instruction. Ces désignations ne doivent pas faire illusion et dissimuler la faiblesse des effectifs et la médiocrité des moyens de combat. En effet ces 5 groupes d’armées totalisent 90 000 soldats sur lesquels 30 000 sont des recrues. Marchent avec l’armée près de 30 000 civils et parmi eux, les ouvriers d’un arsenal de campagne et ceux d’une imprimerie avec leur matériel porté à dos d’homme.

 

Zhu De (朱德) commence son mouvement le 16 Octobre 1934 à partir de la région sud de Ganzhou et, étalé sur plusieurs colonnes, suit à peu près les reliefs montagneux qui séparent le Hunan et le Guangdong puis du Guangxi. Forçant 4 lignes de surveillance plus ou moins solidement tenues comme au long de Gan Jiang (Rivière Gan) dans la région du Jinhua au Guangdong à hauteur de la route Guangzhou – Hankou ( 汉口) (le 13 Novembre).

Dans le sud de Quanzhou (泉州 ) au nord est de Guilin, il arrive dans la province du Guizhou. Les combats et les désertions de soldats qui craignaient de s’éloigner de leur région d’origine, paraissent avoir réduit considérablement, voir de moitié ses effectifs initiaux. Quant au matériel, il avait été largement abandonné au bénéfice d’une meilleure mobilité.

 

Zhu De (朱德)  échappe aux Nationalistes.

 

D’importantes unités gouvernementales sont rassemblées autour du Guiyang, la capitale de Guizhou aux ordres du général Wang chia lieh le responsable de la province. Zhu De (朱德)   renonce donc à la poursuite vers l’ouest et remonte vers le nord ouest, vers Zhenyuan (镇原) et Zunyi (遵義). Son intention était de franchir le Yangtze non loin de Chongqing et de rejoindre au Sichuan le groupement de Zhang Guotao (張國燾)  qui s’y trouve déjà.


Le 4 Janvier 1935, un combat difficile dirigé par Liu Bocheng (刘伯承) permet à Zhu De de traverser Wu Jiang (la Rivière Wu) et d’échapper au gros des forces Nationalistes qui le poursuivent.


Le 06, les Communistes entrent dans Zunyi (遵義) où ils vont demeurer jusqu’au 18 Janvier. C’est au cours de cet arrêt qu’une "conférence" va confier à Mao Zedong les fonctions provisoires de "Président du comité central", c'est-à-dire la direction du Parti.

Cependant, aucun détail n’est connu de façon certaine au sujet des conditions de cette réunion, les bribes de l’histoire officielle témoignent tout de même qu’un débat vif s’éleva entre les anciens dirigeants et leur partisans.

 

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La conférence de Zunyi (遵義) était en effet indispensable, non pour condamner les erreurs militaires du passé ou pour élaborer une nouvelle stratégie qui s’imposait d’elle-même, mais pour tirer les conséquences de l’abandon du Jiangxi sur la direction du Parti.

 

La destination finale de l’Armée rouge fut un autre sujet de désaccord à Zunyi (遵義). Les uns, dont mao Zedong penchaient pour le nord du Shaanxi où se trouvait déjà une petite base, les autres pour le Xinjiang, c'est-à-dire le Turkestan Chinois, plus proche des frontières Soviétiques et auquel les Russes portaient une attention intéressée.

 

Une traversée difficile du Yangtze.

 

Cependant la traversée du Yangtze dans la région du Chongqing (重庆) se révélait impossible en raison de l’opposition résolue des généraux Sichuannais. La 1ere Armée de front parvenue à "Chishanting" doit se résoudre à redescendre vers le sud est. Après avoir poussé une pointe à l’ouest, vers Pichieh, comme pour gagner directement la haute vallée du Yangtze, elle reprend encore une fois la direction du sud est. Passant entre  Zunyi (遵義) et Guiyang (贵阳), elle contourne cette dernière ville par l’est et le sud et peut enfin se diriger à nouveau vers l’ouest. Tout au long de cet itinéraire compliqué, elle avait dû livrer plusieurs combats aux éléments de quatre divisions adverses.

 

Pendant plusieurs semaines, les forces Communistes progressant sur l’axe général Kweihua (Suiyuan) – Zhengfeng (整風), suivront des pistes de montagne parallèles à la grande route Guiyang – Kunming.

 

Zhu De (朱德) se propose maintenant de passer le Yangtze aux confins du Yunnan et du Sichuan dans cette partie de son cours où  il porte encore le nom de Jinsha Jiang (金沙江) (la rivière aux sables d’or). Dans cette intention, un groupement commandé par Lin Biao (林彪) exécute une feinte sur Kunming où le trouble est grand. Pendant ce temps, le reste de l’armée articulé en deux colonnes principales se dirige vers le grande boucle sud du fleuve. Marchant sur Xuanwei (宣威) et Dongchuan (东川区), la colonne de droite la franchira près de Luki au sud de Qiaojia (巧家), la colonne de gauche à une centaine de kilomètres plus au sud (bacs de Luche et de Hungmen), Lin Biao (林彪) effectuera sa traversée plus en amont encore, à l’est de Lungkai.


Le passage du Yangtze, large de 300 mètres dans cette partie de son cours, durera une dizaine de jours et s’achèvera à la mi-mai sans incidents notables.

De la vallée du grand fleuve, la 1ere armée de Front remonte vers le nord, via Huili (会理) elle s’arrête 5 jours.

 

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Dans les dernières semaines de Mai, le groupement de Lin Biao (林彪) parvient sur la rive droite de Dadu (大渡), affluent de Min Jiang (岷江), elle-même affluent du Yangtze.

 

Ses éléments de tête (1er régiment de la 1ere division) venant de Mianning (冕宁), s’empare de la petite localité d’Anshuchang défendue par deux compagnies Sichuannaise le 22 Mai. Plus heureux que le chef Taiping Shih Dakai, Liu Bocheng (刘伯承) dont Nie Rongzhen (聂荣臻) est alors le commissaire politique, prend pied sur la rive gauche de la rivière.

Cependant, les moyens de franchissement, réduits à quelques barques, sont insuffisants pour transporter toute la 1ere armée de Front au-delà de la Dadu large de 300 mètres et dont le courant est à cette époque de l’année extrêmement violent. L’armée remontera donc la rive droite de cette rivière sur près de 150 kilomètres pour s’efforcer d’atteindre le pont de Luding (泸定桥). Le paysage de hautes montagnes abruptes couvertes de neige malgré la saison, coupées de torrents rapides est impressionnant, plus impressionnant encore est le pont lui-même fait de 13 chaînes de fer tendues d’une rive à l’autre au dessus des eaux tourbillonnantes.

 

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Venu à marches forcées d’Anshuchang, le 4ème Régiment arrive donc enfin à l’extrémité occidentale du pont, le matin du 26 Mai.

 

Deux vers d’un poème ancien sont inscrits sur la stèle qui en marque l’entrée :

 

"D’immenses montagnes entourent le pont de Luding,

Leurs cimes s’élèvent à mille Li dans les nuages".

 

A l’autre bout du pont, la ville murée de Luding se dresse à flanc de montagne et, s’il faut croire les Communistes, deux régiments de Sichuan en tiennent le centre et les abords.

 

A 4 heures de l’après-midi, 22 volontaires de la 2ème compagnie se lancent à l’assaut du pont et 2 heures plus tard, pont et ville étaient passés aux mains du 4ème régiment. L’opération avait été, il faut le dire, grandement facilitée par la progression de la 1ere division sur la rive gauche, probablement aussi par la médiocrité des troupes provinciales adverses. Toute l’affaire n’avait coûté que 17 tués aux assaillants, mais la grandeur du lieu et le passage de la Dadu rentre parmi les plus glorieuses traditions de l’Armée rouge Chinoise.

 

Le commandant du 1er régiment Yang Dezhi ( 杨得志) et un officier du 4ème régiment Yang Cheng wu (杨成武) (futur chef d’état major général) ont laissé 2 récits de ces opérations.

 

La 1ere et 4ème armées de front se rencontrent à Maoerkhai.

 

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La prise de Luding ouvrait le Sichuan occidental à la 1ère Armée de front qui parvenait quelques semaines plus tard, via Tianquan (天全) dans la région de Mukung à l’ouest du gros centre de Ya’an (雅安). C’est là qu’elle retrouvait la 4ème Armée de front de Zhang GuoTao et de Xu Xiang Zhen.

 

Des confins Shaanxi-Sichuan où elle s’était réinstallée en 1933, la 4ème Armée de front avait en effet repris sa marche vers l’ouest au mois de Mars 1935. au mois de Juin, après avoir franchi la Jialing (嘉陵) et la Min (岷), elle s’était arrêtée dans le région de Mukung, Lianghokou, Lifan, Mao Xian (茂县). Beaucoup moins éprouvée que la 1ère Armée de front, elle comptait au moins 50 000 hommes convenablement armés et équipés.

 

Le premier contact entre les deux armées est établi à Mukung le 16 Juin, une cérémonie militaire pour célébrer leur réunion a lieu un peu plus tard au village de "Eulhokuo".

De Mukung les 2 Armées, suivants des itinéraires parallèles, progressant vers le nord, traversent la chaîne des Mengpi et atteignent Maoerkhai le 10 Juillet.


A Maoerkhai se tient une réunion du Bureau politique. De graves divergences s’élèvent entre Mao Zedong et Zhang Guotao quant à la destination à donner aux armées. Le second craignant de ne pouvoir forcer les défenses gouvernementales de la région du Shaanxi et du Gansu, et souhaitait s’installer au Sichuan occidental et à Xichang (西昌) dans la région de Tatsienlu ((打箭爐 - Dajienlu), de nos jours Kangding (康定)).


Il se rallia pourtant à l’avis de Mao Zedong toujours désireux de gagner le nord de Shaanxi et les deux armées reprirent leur marche en 2 colonnes.

 

La colonne de l’ouest comprenait la 4ème Armée de front de Zhang Guotao et de Xu Xiang zhen et, pour des raisons demeurées obscures, une partie de la 1ère Armée de front (5ème et 9ème Armées).

Quant à la colonne de l’est dans laquelle marche Mao Zedong, elle est commandée par Lin Biao et Peng Dehuai (彭德怀) et suit en gros un axe qui passe à l’ouest de Songpan (松潘) et de Latzekou.

 

Zhu De, nouveau mystère.

 

Quelques jours plus tard, Zhang Guotao, invoquant d’insurmontables difficultés de parcours, change encore une fois d’avis, décide de redescendre vers l’ouest, emmenant Zhu De contre le gré de celui-ci, selon les historiens. En Effet, ce nouveau mystère dans la vie très mouvementée du commandant en chef de l’Armée rouge Chinoise n’a pas encore été éclairci. Il est entendu que Zhu De a cédé à la violence et peut être en effet n’a-t-il pas voulu prendre de risque de jeter les éléments de la 1ère Armée de front qui l’avait suivi contre les forces d’ailleurs très supérieures de Zhang Guotao.

 

Au moment où se produisaient ces évènements, en Juillet Août 1935, la 1ère Armée de front était encore bien loin de son but et de dures épreuves l’attendaient. Avant Maoerkhai, elle avait dû traverser les Daxue shan (大雪山) (les montagnes des grandes neiges) à plus de 4 000 mètres d’altitude, creusant fréquemment son chemin dans le roc, abandonnant hommes et animaux.

 

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Après Maoerkhai, elle dut pénétrer dans les marécages de la région sud de Latzekou à la frontière du Shaanxi. Il fallait y rechercher d’étroits passages à travers les hautes herbes aquatiques. Manquant de vivres, les soldats se nourrissaient de plantes sauvages, ce fut 20 jours d’effrayante misère qui réduisirent la 1ère Armée de front déjà privée de 2 de ses Armées, à moins de 7 000 hommes.

 

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Cependant elle réussit à atteindre Ning xian (宁县) dans le sud du Gansu et de là, contournant largement le Shaanxi central où les troupes gouvernementales sont nombreuses, elle se dirige vers Tangwei (湯唯) puis vers Guyuan et Huan Xian (华县). Enfin elle aborde le Shaanxi nord, dans la sous préfecture de Paopan. C’est ici que va devenir pendant quelques mois la capitale du Parti Communiste Chinois et le quartier général de la 1ère Armée de front.

 

La 2ème et 4ème Armée de front rejoignent le Shaanxi Nord

 

Le groupement de He Long, c'est-à-dire la 2ème Armée de front venant de la région Sangchich, Shanyang (山阳) à la frontière des 3 provinces du Guizhou, du Hunan et du Sichuan, s’était mise à son tour en mouvement au mois de Novembre 1935.

 

Traversant Guizhou d’est en ouest, puis le nord du Yunnan, la 2ème Armée de front s’en allait franchir le Yangtze du côté de Lijiang (丽江), beaucoup plus à l’ouest que ne l’avait fait la 1ère Armée de front l’année précédente. De là, elle remontait la haute vallée du Yangtze jusqu’à Atungtze aux porte du Tibet, puis en 2 colonnes autour de Kantze. C’est autour de Kantze qu’elle retrouvait la 4ème Armée de front de Zhang Guotao avec laquelle elle avait pris contact près de Litang (理塘). Le choix d’un itinéraire aussi excentrique se justifiait par le soucis d’éviter les interceptions des forces Nationalistes ou provinciales désormais en alerte, pour se soustraire aussi aux harcèlements aériens. De fait, il semble que les combats aient été très rares à la 2èmes Armées de front.

 

Entre temps, les forces de Zhang Guotao de la 4èmes Armées de front n’avaient pu s’étendre profitablement au Sichuan à partir de la région de Mukung, Maoerhkai où elles étaient à un moment revenues et avaient dû demeurer aux limite du Xikang (西康 ancienne province) dans un pays pauvre, difficile et en partie hostile. Cette malheureuse situation, le fait que Mao Zedong paraissait réinstallé en toute sécurité au Shaanxi nord, semble avoir déterminé Zhang Guotao à regagner à son tour la nouvelle base rouge en direction du Xinjiang (新疆).

 

De Batang (巴塘), les 2ème et 4èmes Armées de front se dirigent droit vers le nord est. Passant à l’ouest de Maoerhkai, contournant par le nord les marécages de Latzekou, esquissant une pointe vers le Shaanxi central par leurs éléments de droite (2èmes Armée de front), elles traversent le Gansu. Le 6 Octobre 1936, les deux armées retrouvaient à Huining (会宁) des unités de la 1ère Armée de front venues à leur avance et bientôt toutes les troupes Communistes étaient regroupées au Shaanxi nord, la Longue Marche était terminée.

 

La portée politique de la Longue Marche.

 

Plus encore qu’un remarquable exploit militaire, la Longue Marche est un fait politique dont les conséquences devaient être immenses.

 

La suivie du mouvement Communiste tout entier s’en est d’abord trouvé assurée. Ce n’était pas seulement des armées qui se déplaçaient, mais aussi et avec elles tout l’appareil supérieur du Parti : Bureau politique, Comité central et des services, en un mot, tout les responsables politiques et militaires du moment.

 

La destruction de l’Armée aurait anéanti le Parti sinon définitivement, au moins pour de très longues années. Le prolétariat numériquement faible et dont les éléments les plus dynamiques avaient disparu dans la tourmente de 1927 (quand Chiang Kaishek, nouveau dirigeant du Guomindang massacre tout ce qu’il peut trouver de Communiste ou syndicaliste), n’était pas en mesure de servir aussitôt d’appui à une nouvelle formation révolutionnaire.

 

La paysannerie restait incapable de s’organiser sans l’armature militaire et intellectuelle que lui avaient fournie les officiers révoltés de Nanchang (南昌) et les étudiants venus des villes. Enfin l’opinion publique se tournait de plus en plus vers la résistance au Japon et, l’incident de Xi’an devait bientôt le démontrer, c’est vers Chiang Kaishek qu’elle regardait.

 

Pour les cadres subalternes, la Longue Marche représente aussi une extraordinaire épreuve de sélection physique, intellectuelle et morale. Venant après 7 ans de combats ininterrompus, 7 ans d’action auprès des populations, elles portait au plus haut point des qualités qui allaient bientôt pouvoir s’employer dans le contexte favorable d’une guerre nationale. De la période du Jiangxi et de la Longue Marche date la tradition du cadre Communiste sectaire et dur mais résolu, dévoué, politiquement instruit au sens Communiste du mot, convaincu de servir le peuple. Les cadres formés après la victoire de 1949 ne vaudront pas leurs aînés.

 

"La Longue Marche est la première de ce genre dans les annales de l’histoire. Elle est à la fois un manifeste, un instrument de propagande et une machine à semer. Depuis Pan Kou (盘古 - Pangu), qui sépara le ciel de la terre, depuis les 3 souverains et les 5 empereurs, l’histoire a-t-elle jamais connu une longue marche comme la notre ? elle a fait savoir aux quelques 200 millions d’habitants des 11 provinces traversées, que la voie suivie par l’Armée rouge et la seule voie de leur libération. Elle a répandu dans les 11 provinces des semences qui germeront, porteront des feuilles, des fleurs et des fruits, et qui donneront leur moisson dans l’avenir."

 

Œuvres choisie de Mao Zedong tome 1.

 

Publié dans Chine - 华夏

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