Les Grottes de Mogao / 莫高窟

Publié le par Marc-Antoine



Les "grottes d'une hauteur inégalée" forment un système de 492 temples bouddhistes près de Dunhuang, dans la province de Gansu en Chine, en marge du désert de Gobi. Elles sont également connues sous le nom de grottes des 1 000 Bouddhas, ou grottes de Dunhuang. Certaines de ces grottes abritent des statues de Bouddha de très grande dimension.

Ces grottes constituaient des lieux de culte d'une grande importance, sur la route de la soie. Leur réalisation s'est étalée sur une longue période allant du IVe au XIVe siècle, avec un point culminant sous la dynastie des Tang, entre le VIIe et le Xe siècle. C'est d'ailleurs de cette époque que datent les plus belles grottes.


Au cours de l'année 1900, une petite grotte murée fut découverte de façon accidentelle ; elle s'avéra contenir plusieurs dizaines de milliers de documents, de statuettes et d'objets divers, souvent vieux de plus de 1 000 ans. Une grande partie de ces trésors culturels ont été achetés par les explorateurs occidentaux, en particulier Sir Aurel Stein et Paul Pelliot.


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Une légende locale affirme qu'en 366 ap.J.-C., le moine bouddhiste Lie Zun (Lo-tsun) eut une vision de mille Bouddhas, et convainquit un pèlerin de la route de la soie de bâtir les premiers temples.


Les temples se multiplièrent, pour arriver à plus d'un millier, accompagnant le développement de la route de la soie. Du IVe au XIVe siècle, les moines de Dunhuang rassemblèrent des manuscrits venant de l'Occident, et des pèlerins commencèrent à orner les murs des grottes de peintures. Celles-ci couvrent 42 000 m². L'essentiel des aménagements datent cependant de la dynastie Tang entre le VIIe et le Xe siècle. Les grottes furent abandonnées au XIVe siècle.

L'importance du développement du bouddhisme en cet endroit s'explique par la faveur dont jouit cette religion sous les Tang, au moment où ceux-ci développaient largement la route de la soie, tout au long de laquelle se perpétue le souvenir du moine bouddhiste Xuanzang. Puis, à partir de 960, la dynastie des Song fut elle-même une période très favorable au bouddhisme. Enfin, de 786 à 848, la région fut occupée par les Tibétains, également bouddhistes.

Les moines bouddhistes menaient dans ces grottes une vie austère à la poursuite de l'illumination. Les peintures, aides à la méditation, servaient aussi à l'instruction des analphabètes en matière de légendes et de croyances bouddhistes.

Les peintures décrivent la vie et l'œuvre du Sakyamuni, le Bouddha historique. Mais ce lieu de piété montre également des scènes où se mêlent plusieurs cultures orientales, notamment hindouistes.

Les grottes firent l'objet de plusieurs vagues de dégradation : les musulmans détériorèrent la statuaire. Les cavités servirent de refuges aux russes blancs au début du XXe siècle. Par contre, la Révolution culturelle épargna le site, probablement grâce à l'intervention de Zhou Enlai.


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Les premiers étrangers à visiter Mogao furent l'explorateur russe Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski lors de sa grande expédition tibétaine, en 1879, ainsi qu'une expédition géologique hongroise, la même année.

Au cours de l'année 1900, un prêtre taoïste chinois du nom de Wáng Yuánlù, dit l'« abbé Wang », se fit gardien de ces temples où il découvrit un ensemble considérable de manuscrits antérieurs au XIe siècle, dans l'une des grottes, appelée ensuite la « bibliothèque murée ». Des rumeurs les concernant attirèrent des explorateurs européens, qui traversèrent l'Asie pour tenter de les voir et de les obtenir.


Wang commença une ambitieuse rénovation des temples, avec l'aide de donations issues des villes voisines, mais surtout avec les fonds provenant de la vente de manuscrits à des explorateurs européens, tels que l'anglais Sir Aurel Stein en 1907, et le français Paul Pelliot en 1908.


La quantité et la variété des textes qui se trouvaient là défie l'entendement : il s'y trouvait de l'ordre de 50 000 documents, peintures et objets bouddhistes, dont des manuscrits, écrits en chinois, en tibétain, en ouïghour, en sogdien, en sanscrit, ainsi qu'une version imprimée du Soutra du Diamant, datant de 868 (ce qui en fait un des plus anciens livres imprimés du monde, aujourd'hui au British Museum)...
On dit que le prix payé par Pelliot s'éleva à 90 livres, et celui payé par Stein à 220 livres.

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